L’autonomie est aujourd’hui l’une des qualités principales demandées par les recruteurs aux candidats. Mais encore faut-il que l’entreprise soit dans une démarche libérée qui encourage ses collaborateurs à être autonomes. Plus qu’un simple critère, l’autonomie est l’un des leviers majeurs de la qualité de vie au travail, aujourd’hui indispensable au développement des entreprises. Décryptage.

La libération de l’entreprise

Les entreprises sont actuellement dans une démarche de libération de leur management afin de s’adapter aux nouvelles attentes des candidats concernant la qualité de vie au travail. Qu’il s’agisse de l’aménagement des locaux ou de l’ambiance dans l’open space, les salariés sont aujourd’hui très sensibles à leur environnement de travail.

Libérer son entreprise, c’est une démarche qui regroupe un ensemble d’actions plus ou moins concrètes à mettre en place. Il est par exemple possible d’aménager l’espace de travail en y installant un babyfoot ou encore d’instaurer le télétravail. Mais améliorer la QVT, c’est également revoir les pratiques de management, en favorisant notamment la transparence des salaires ou encore l’autonomie des collaborateurs.

Quels en sont les enjeux ?

Les nouvelles générations ont désormais besoin de plus d’autonomie dans leurs tâches et dans leur fonctionnement. Pourtant, même si l’on observe une volonté de changer dans les entreprises innovantes, le management pyramidal, symbole de l’autorité et de la hiérarchie, persiste encore.  

« Selon une étude de La Fabrique de l’industrie, 19,3% des salariés doivent suivre des consignes strictes et ne se sentent pas autonomes ».

L’autonomie est pourtant une source de motivation pour les collaborateurs quelles que soient leur position dans la société. Une étude du cabinet de RH Performance à mis en relief les différents leviers de motivation en fonction de la position hiérarchique : pour un cadre, le premier levier de motivation est le pouvoir alors que pour un ouvrier, il s’agira plutôt du sentiment d’appartenance, deux points de vus diamétralement opposés. Pourtant, que l’on soit stagiaire ou dirigeant, nous pouvons observer que le critère le plus souvent cité est l’autonomie, peu importe le secteur d’activité et l’âge.

Comment développer l’autonomie des salariés ?

En France, les limites de l’autonomie en entreprise restent flouent pour les salariés, encore sceptiques de la sincérité de cette démarche.

« 55% des salariés ont le sentiment d’être ou de pouvoir être contrôlé à tout moment, selon une étude de Malakoff Médéric ».

Afin de clarifier sa mise en place, l’autonomie doit nécessairement être appliquée grâce à trois leviers indissociables, sources de l’amélioration de la qualité de vie au travail :

  • L’autonomie sur son travail : le collaborateur a la main sur ses missions quotidiennes.
  • L’autonomie dans le collectif : le collaborateur est impliqué au sein de l’équipe.
  • L’autonomie en lien avec la gouvernance : le collaborateur est associé à la stratégie de l’entreprise.

Ces trois critères sont applicables dans toutes les entreprises, qu’il s’agisse de PME ou de grands groupes, peu importe le secteur d’activité et l’ancienneté de l’entreprise. Chez Michelin par exemple, ce sont les congés qui sont gérés de manière autonome par les salariés. Les managers ne sont pas consultés et les collaborateurs s’arrangent entre eux pour s’assurer qu’il y est toujours un effectif suffisant pour l’activité. Autre exemple, chez Lucca, les salariés ayant au moins trois ans d’ancienneté dans l’entreprise peuvent décider eux-mêmes de leurs salaires.

Quels impacts pour l’entreprise ?

Les collaborateurs ont aujourd’hui besoin d’autonomie et ont une vision différente de leur contribution dans l’entreprise. Le travail n’est plus une simple source de revenus pour laquelle ils obéissent passivement aux ordres des managers. Ils ont désormais besoin d’être des acteurs d’une véritable aventure. Pour les entreprises, c’est une mine d’or d’inspirations et d’innovations qui améliorent naturellement la compétitivité. Nous pouvons donc dire que l’autonomie des collaborateurs influe automatiquement sur la performance économique de l’entreprise.

« Selon l’institut Gallup, les structures valorisants l’engagement personnel des salariés augmentent leur productivité de 21% et leur satisfaction client de 10% ».

Une plus grande autonomie des collaborateurs dans une entreprise n’a tout de même pas pour objectif d’abolir la hiérarchie mais de mieux la partager. Bien entendu, il est nécessaire de fixer des limites pour éviter tout abus. Mais utilisée à bonne escient, l’autonomie est une réelle opportunité pour les entreprises souhaitant améliorer leur qualité de vie au travail, source d’innovation et de productivité.

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