GEPP : définition, obligations légales et démarche en 5 étapes
La gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) consiste à anticiper l’écart entre les compétences dont votre entreprise dispose et celles dont elle aura besoin, puis à le combler par la formation, la mobilité interne et le recrutement. Elle ne devient une négociation obligatoire qu’à partir de 300 salariés (article L2242-2 du Code du travail), mais elle sert toute entreprise qui voit un métier clé se vider. Et le marché ne vous attendra pas : selon l’enquête Besoins en main-d’œuvre (BMO) 2026 de France Travail, 43,8 % des projets d’embauche sont jugés difficiles (La finance pour tous, avril 2026).
Définition, différence avec la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), entreprises concernées, périodicité, sanction, nouvel entretien de parcours professionnel issu de la loi du 24 octobre 2025, démarche en cinq étapes, version allégée pour les petites et moyennes entreprises (PME), outils et indicateurs : voici de quoi passer de l’acronyme au plan d’action. Et si vous préférez être accompagné, notre conseil RH pour PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) s’en occupe avec vous.

L’essentiel en 30 secondes
- La GEPP (gestion des emplois et des parcours professionnels) a pris la suite de la GPEC avec les ordonnances du 22 septembre 2017 : elle anticipe l’écart entre les compétences disponibles et celles dont l’entreprise aura besoin, en y ajoutant le parcours de chaque salarié.
- Une obligation à partir de 300 salariés : l’employeur engage la négociation au moins tous les quatre ans (article L2242-2 du Code du travail), tous les trois ans à défaut d’accord fixant un autre rythme (articles L2242-13 et L2242-20).
- Ne pas négocier est une infraction pénale : un an d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende (articles L2243-1 et L2243-2). Échouer, en revanche, n’est pas sanctionné.
- L’entretien professionnel a changé : depuis la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, l’entretien de parcours professionnel a lieu dans la première année, puis tous les quatre ans, avec un état des lieux tous les huit ans (article L6315-1).
- Un contexte qui se détend, sans se régler : 49 % des entreprises de 10 salariés et plus ayant recruté un cadre en 2025 déclarent des difficultés (Apec, données 2025 publiées en 2026).
GEPP, GPEC : qu’est-ce qui a vraiment changé ?
La GEPP a remplacé l’appellation GPEC dans le Code du travail avec les ordonnances du 22 septembre 2017. La finalité ne change pas : anticiper l’évolution des métiers et combler l’écart de compétences. Ce qui change, c’est l’angle : la GPEC raisonnait en postes et en effectifs, la GEPP ajoute le parcours individuel de chaque salarié (mobilité, évolution, employabilité) et, depuis 2021, la transition écologique.
Définition
Gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) : démarche par laquelle l’entreprise anticipe l’évolution de ses métiers, mesure l’écart entre les compétences dont elle dispose et celles dont elle aura besoin, puis organise formations, mobilités et recrutements pour le combler. Selon la DREETS Provence-Alpes-Côte d’Azur, la GEPP élargit depuis les ordonnances de 2017 le concept de gestion prévisionnelle (étude thématique n° 11, décembre 2024).
Quels textes ont fait naître la GEPP ?
Trois étapes législatives suffisent à dater la notion :
- La loi de programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005 a introduit l’obligation de négocier sur la gestion prévisionnelle dans les entreprises d’au moins 300 salariés (DREETS PACA, 2024).
- Les ordonnances du 22 septembre 2017 : l’ordonnance n° 2017-1385 relative au renforcement de la négociation collective a réorganisé la périodicité et le contenu des négociations obligatoires, dont celle sur la gestion des emplois et des parcours professionnels (Centre Inffo, 2017). L’ordonnance n° 2017-1387 comporte, elle, un chapitre « Dispositifs de gestion des emplois et des parcours professionnels ».
- La loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, dite Climat et résilience (article 40), a complété l’article L2242-20 : le dispositif de gestion prévisionnelle doit désormais être pensé « notamment pour répondre aux enjeux de la transition écologique » (Centre Inffo, août 2021).
Beaucoup d’accords et de directions des ressources humaines (DRH) parlent encore de GPEC : ce n’est pas faux, juste un peu vintage. Le Code du travail lui-même emploie encore l’expression à l’article L2312-24.
| Critère | GPEC (2005 à 2017) | GEPP (depuis 2017) |
|---|---|---|
| Texte de référence | Loi de programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005 | Ordonnances du 22 septembre 2017, articles L2242-2, L2242-11, L2242-13 et L2242-20 du Code du travail |
| Unité d’analyse | Le poste et l’effectif | Le poste et le parcours individuel |
| Seuil d’obligation | 300 salariés | 300 salariés, ou entreprise ou groupe de dimension communautaire comptant au moins un établissement ou une entreprise de 150 salariés en France |
| Périodicité | 3 ans | Au moins tous les 4 ans (ordre public), 3 ans à défaut d’accord |
| Thèmes ajoutés | Sans objet | Parcours professionnels, mixité des métiers, information des sous-traitants, transition écologique (2021) |
Sources : Code du travail, article L2242-20 (version issue de la loi du 22 août 2021), article L2242-2, DREETS PACA, décembre 2024.
Concrètement, une démarche bâtie en 2026 répond à deux questions : de quelles compétences aurez-vous besoin dans trois ans, et quel chemin proposez-vous à chaque salarié pour y arriver ?

Par où commencer : les compétences, pas l’organigramme
L’organigramme vous dit qui occupe quel poste. Il ne vous dit pas que toute la maintenance de votre ligne 2 repose sur Gérard, qui part dans dix-huit mois. Partez donc des compétences réellement détenues, métier par métier, en interrogeant les managers de terrain. Le bureau RH seul produit un joli tableau ; les managers savent où sont les trous.
Astuce : demandez à chaque manager « Si telle personne partait demain, qu’est-ce qui s’arrêterait ? ». La réponse vaut tous les référentiels du monde.
Cette question simple suffit à repérer les premières compétences critiques, celles qui justifient de lancer la démarche.
À retenir
- La GEPP prolonge la GPEC en ajoutant le parcours de chaque salarié et la transition écologique.
- Textes clés : loi du 18 janvier 2005, ordonnances n° 2017-1385 et n° 2017-1387, loi Climat et résilience du 22 août 2021.
- Partez des compétences détenues et des managers, pas de l’organigramme.
Êtes-vous obligé de négocier un accord GEPP ?
Oui, si votre entreprise ou votre groupe compte au moins 300 salariés, ou 150 salariés en France pour une entreprise ou un groupe de dimension communautaire. L’employeur doit alors engager, au moins une fois tous les quatre ans, une négociation sur la gestion des emplois et des parcours professionnels (article L2242-2 du Code du travail). En dessous, aucune obligation de négocier sur ce thème.
Précision utile : les négociations obligatoires supposent qu’au moins une section syndicale d’organisation représentative soit constituée dans l’entreprise (article L2242-1).
Définition
Accord de méthode (ou d’adaptation) : accord collectif qui fixe les thèmes, la périodicité, le calendrier et les lieux des négociations obligatoires, les informations remises par l’employeur et le suivi des engagements. Sa durée ne peut excéder quatre ans (article L2242-11 du Code du travail).
Trois ans ou quatre ans : quelle périodicité s’applique chez vous ?
Le Code du travail superpose trois niveaux de règles, ici un tableau vaut mieux qu’une blague :
| Niveau de règle | Ce qu’il prévoit | Article |
|---|---|---|
| Ordre public (impossible d’y déroger) | Négociation GEPP au moins une fois tous les quatre ans | L2242-2 |
| Accord d’entreprise (accord de méthode) | Fixe la périodicité, les thèmes et le calendrier, dans la limite de quatre ans | L2242-11 |
| Dispositions supplétives (à défaut d’accord ou s’il n’est pas respecté) | Négociation GEPP tous les trois ans, sur les thèmes listés par la loi | L2242-13 et L2242-20 |
Sources : Code du travail, articles L2242-2, L2242-11, L2242-13 et L2242-20.
À défaut d’accord, si la négociation triennale n’a pas été engagée plus de 36 mois après la précédente, une organisation syndicale représentative peut l’exiger ; l’employeur convoque alors les parties sous 15 jours (article L2242-13). Premier réflexe : ressortez vos accords existants pour vérifier la périodicité applicable chez vous.
Nouveauté : depuis la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, le même article prévoit aussi, à partir de 300 salariés, une négociation triennale sur l’emploi et les conditions de travail des salariés expérimentés. Elle se prépare avec les mêmes données que la GEPP : pyramide des âges, départs prévisibles, compétences critiques.
Les six thèmes que la loi impose à défaut d’accord
L’article L2242-20 du Code du travail liste les thèmes de la négociation triennale sur la gestion des emplois, des parcours professionnels et la mixité des métiers :
- Un dispositif de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, notamment pour répondre aux enjeux de la transition écologique, et ses mesures d’accompagnement : formation, abondement du compte personnel de formation (CPF), validation des acquis de l’expérience (VAE), bilan de compétences, mobilité.
- Le cas échéant, les conditions de la mobilité professionnelle ou géographique interne.
- Les grandes orientations à trois ans de la formation et les objectifs du plan de développement des compétences.
- Le recours aux différents contrats de travail, au temps partiel et aux stages, et les moyens de réduire l’emploi précaire.
- L’information des sous-traitants sur les orientations stratégiques qui touchent leurs métiers, l’emploi et les compétences.
- Le déroulement de carrière des salariés exerçant des responsabilités syndicales.
Un bilan est réalisé à l’échéance de l’accord.
Échouer n’est pas fauter, ne pas essayer l’est
La loi impose d’engager la négociation, pas de conclure un accord. En revanche, se soustraire à l’obligation périodique de négocier est une infraction pénale. L’article L2243-2 vise les obligations des articles L2242-1 et L2242-20, et l’article L2243-1 est rédigé ainsi :
« Le fait de se soustraire aux obligations prévues à l’article L. 2242-1, relatives à la convocation des parties à la négociation et à l’obligation périodique de négocier, est puni d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 3 750 euros. »
Code du travail, article L2243-1, version en vigueur depuis le 1er janvier 2016
On parle couramment de délit d’entrave à la négociation. Gardez la trace de chaque étape : convocations, réunions, propositions et, en cas d’échec, procès-verbal de désaccord.
Sous 300 salariés, des obligations voisines s’appliquent déjà
Quelle que soit votre taille, vous restez tenu par des obligations qui forment les briques d’une GEPP :
- L’entretien de parcours professionnel : depuis la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, applicable depuis le 26 octobre 2025, il a lieu au cours de la première année suivant l’embauche, puis tous les quatre ans, avec un état des lieux récapitulatif tous les huit ans (article L6315-1 ; Centre Inffo). Un accord d’entreprise ou, à défaut, de branche peut prévoir un autre rythme, sans dépasser quatre ans.
- L’adaptation des salariés à leur poste de travail (article L6321-1), que le plan de développement des compétences formalise.
- La consultation du comité social et économique (CSE) sur les orientations stratégiques et la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, dès 50 salariés (article L2312-24).
Attention au seuil franchi par croissance externe : il s’apprécie au niveau de l’entreprise ou du groupe. Un rachat se fête, puis se déclare à votre juriste social.
Un métier clé en danger ?
Vous voulez savoir quelles compétences vous manqueront dans trois ans ?
Nos consultants RH cartographient avec vous vos compétences critiques et construisent un plan d’action daté, que vous soyez soumis à la négociation ou non. Agences à Rennes et à Brest, intervention dans toute la France.
Avant tout rendez-vous, rassemblez trois documents : vos accords collectifs en vigueur, votre pyramide des âges et la liste des postes difficiles à pourvoir.
À retenir
- Négociation GEPP obligatoire à partir de 300 salariés : au moins tous les quatre ans, tous les trois ans à défaut d’accord.
- Ne pas engager la négociation expose à un an d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende ; échouer n’est pas sanctionné.
- Entretien de parcours professionnel : première année, puis tous les quatre ans, état des lieux tous les huit ans.
Comment mener une démarche GEPP en 5 étapes ?
Une démarche GEPP suit cinq étapes : diagnostic, projection, cartographie des écarts, plan d’action, suivi. Le Code du travail fixe des thèmes de négociation, pas de méthode : celle-ci vient du terrain. Dans une PME de 100 à 300 salariés, comptez environ trois mois pour un premier cycle centré sur trois métiers (estimation Happy to meet you, à confirmer selon votre besoin), managers impliqués dès le diagnostic.

- Diagnostiquer l’existant : pyramide des âges par métier, effectifs, compétences détenues, départs prévisibles à trois ans. Croisez les données de paie avec l’avis des managers.
- Projeter les besoins : traduire la stratégie (nouveau site, automatisation, nouveau marché) en métiers qui grandissent, se transforment ou disparaissent. Sans stratégie écrite, pas de projection possible : commencez par faire écrire au dirigeant ses trois priorités à trois ans.
- Cartographier les écarts : pour chaque métier sensible, écrire l’écart en nombre de personnes et en niveau de compétence. C’est le cœur de la méthode, et l’étape à ne pas survoler.
- Construire le plan d’action : formation, mobilité interne, recrutement externe, alternance, tutorat pour les départs à la retraite. Chaque action a un responsable, un délai et un budget.
- Suivre et ajuster : quatre indicateurs revus chaque semestre, présentés au CSE s’il existe, puis un bilan à l’échéance de l’accord, comme le prévoit l’article L2242-20 pour les entreprises qui négocient.
Les 5 questions à poser à chaque manager
- Quelles compétences de votre équipe ne sont détenues que par une seule personne ?
- Qui peut partir dans les trois ans (retraite, mobilité, fragilité connue) ?
- Quel projet de l’entreprise va changer le travail de votre équipe ?
- Quel poste avez-vous eu le plus de mal à pourvoir ces deux dernières années ?
- Qui, dans votre équipe, pourrait évoluer si on l’accompagnait ?
Commencer petit pour finir quelque part
Commencez par trois métiers, pas par l’organigramme entier. Choisissez ceux où un départ non remplacé arrêterait la production ou la facturation, et étudiez d’abord la mobilité interne. Notre article sur la mobilité interne comme levier de fidélisation explique comment la rendre attractive. Pour outiller vos équipes RH et vos managers (référentiel, matrice de polyvalence, entretien de parcours professionnel comme outil de projection), voyez notre formation sur la gestion des emplois et la mobilité interne.
À retenir
- Suivez les cinq étapes : diagnostic, projection, écarts, plan d’action, suivi.
- Écrivez chaque écart en nombre de personnes et en niveau de compétence.
- Donnez à chaque action un responsable, un délai et un budget.
PME de 50 à 300 salariés : quelle version allégée de la GEPP suffit ?
Sous le seuil de 300 salariés, la négociation n’est pas obligatoire, mais ses briques le sont déjà : entretien de parcours professionnel, adaptation des salariés à leur poste, consultations du CSE dès 50 salariés. La version allégée consiste à assembler ces obligations en un seul exercice de projection, sur trois métiers critiques, plutôt que de les subir comme trois corvées administratives séparées.
49 %
des entreprises de 10 salariés et plus ayant recruté au moins un cadre en 2025 déclarent avoir rencontré des difficultés, soit 5 points de moins qu’en 2024. Source : Apec, Pratiques de recrutement de cadres 2026, via Localtis
À partir de quand la démarche vaut-elle l’effort ?
Aucun texte ne fixe de seuil. Notre repère de terrain : dès que vous recrutez plus de cinq personnes par an sur des métiers en tension, ou qu’un seul départ peut arrêter une ligne ou un service. Un tableau de dix lignes, revu deux fois par an, vaut mieux qu’un accord de trente pages jamais relu.
Recycler vos entretiens de parcours professionnel
La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 a renommé l’entretien professionnel en entretien de parcours professionnel et en a précisé le contenu : compétences, parcours et besoins de formation, souhaits d’évolution, activation du CPF. L’entretien ne porte pas sur l’évaluation du travail du salarié (article L6315-1). Ajoutez-y deux questions et il devient votre outil de projection :
- « Quelle compétence aimeriez-vous développer dans les deux ans ? »
- « Seriez-vous ouvert à un changement de poste ou de site ? »
Compilez les réponses par métier : vous obtenez une première carte des mobilités possibles, sans questionnaire supplémentaire ni réunion de plus.
Astuce : dans les entreprises d’au moins 50 salariés, un salarié qui n’a pas bénéficié de ses entretiens ni d’une formation autre qu’obligatoire sur huit ans voit son CPF abondé de 3 000 euros, selon Centre Inffo. Planifiez les entretiens dans votre outil RH : c’est moins cher qu’un oubli.
Mise en situation : la ligne de production qui part à la retraite
Imaginons une entreprise agroalimentaire d’environ 200 salariés, avec une seule responsable RH, qui viendrait d’automatiser deux lignes. Un tiers de ses quinze conducteurs de ligne partirait à la retraite dans les trois ans, et les nouveaux équipements exigeraient des compétences de supervision absentes en interne.

Une démarche allégée sur trois métiers permettrait d’arbitrer : former des opérateurs volontaires à la conduite de ligne, confier à un cabinet les profils introuvables en interne (techniciens de maintenance, par exemple), organiser un tutorat par chaque futur retraité. Sans projection, l’entreprise découvrirait le trou au premier départ, c’est-à-dire trop tard.
Notre accompagnement
Formation gestion des emplois et mobilité interne
Deux jours pour outiller votre équipe RH et vos managers : référentiel de compétences, matrice de polyvalence, entretien de parcours professionnel comme outil de projection, construction du plan d’action. Organisme certifié Qualiopi, prise en charge possible par votre opérateur de compétences (OPCO) selon ses critères.
- Les modèles de cartographie et de plan d’action fournis en fin de session
- Des cas issus d’entreprises industrielles et agroalimentaires
- Un format intra-entreprise, à Rennes, à Brest ou dans vos locaux
Que vous passiez par la formation ou non, retenez l’ordre : trois métiers, deux questions ajoutées aux entretiens, un tableau revu chaque semestre.
À retenir
- Sous 300 salariés, assemblez les obligations existantes en un seul exercice de projection.
- Ajoutez deux questions de projection à chaque entretien de parcours professionnel.
- Commencez par trois métiers critiques, pas par toute l’entreprise.
Quels outils et quels indicateurs pour faire vivre la démarche GEPP ?
Trois outils suffisent : un référentiel de compétences par métier, une matrice de polyvalence par équipe et un tableau de bord de quatre indicateurs. Un logiciel dédié apporte du confort quand les effectifs et les métiers se multiplient. Dans une PME, un tableur partagé tenu à jour fait le travail, à condition qu’un responsable soit nommé. Un fichier sans propriétaire est un fichier mort.

Les trois outils, en version utile
- Le référentiel de compétences : la liste des compétences attendues par métier, avec des niveaux de maîtrise. Visez dix à quinze compétences par métier, pas cinquante.
- La matrice de polyvalence : un tableau qui croise les salariés d’une équipe et les compétences qu’ils détiennent. Son super-pouvoir : faire apparaître en un coup d’œil les compétences détenues par une seule personne.
- Le tableau de bord : quatre indicateurs, pas davantage, revus chaque semestre.
Les 4 indicateurs à suivre
| Indicateur | Ce qu’il mesure | Signal d’alerte |
|---|---|---|
| Taux de couverture des compétences critiques | Personnes formées rapportées au besoin | Une compétence critique couverte par une seule personne |
| Part des postes pourvus par mobilité interne | La capacité à faire évoluer vos salariés | Tous les postes pourvus en externe |
| Délai moyen de recrutement sur les métiers sensibles | La tension réelle sur vos métiers clés | Un délai qui s’allonge d’un semestre à l’autre |
| Départs prévisibles à 36 mois non couverts | Le trou qui vous attend | Un départ sans successeur identifié à moins de 18 mois |
Indicateurs proposés par Happy to meet you, à adapter à vos métiers. Aucun texte n’impose cette liste.
Astuce : présentez ces indicateurs au CSE lors de la consultation sur les orientations stratégiques (article L2312-24). Vous nourrissez le dialogue social, et vous obligez l’entreprise à les tenir à jour.
Un tableau de bord présenté deux fois par an devient vite un rendez-vous auquel personne n’ose venir les mains vides.
À retenir
- Trois outils suffisent : référentiel, matrice de polyvalence, tableau de bord.
- Limitez-vous à quatre indicateurs, revus chaque semestre.
- Nommez un responsable du fichier, sinon personne ne le mettra à jour.
Pourquoi tant de démarches GEPP finissent-elles au fond d’un classeur ?
Parce qu’elles produisent un diagnostic au lieu de décisions. Une démarche qui ne débouche sur rien coûte deux fois : le temps passé, et les recrutements en urgence qu’elle n’a pas évités. Les causes d’échec sont connues, et chacune a sa parade : un référentiel trop lourd, une stratégie non écrite, un plan sans budget, des entretiens déconnectés de la démarche.
43,8 %
des projets d’embauche déclarés par les employeurs pour 2026 sont jugés difficiles, sur 2 274 951 projets de recrutement. Source : France Travail, enquête BMO 2026, via La finance pour tous
Les 4 causes d’échec et leur parade
| Ce qui fait échouer | La parade |
|---|---|
| Un référentiel de 200 compétences que personne ne met à jour | Dix à quinze compétences par métier, sur trois métiers pour commencer |
| Une projection sans stratégie d’entreprise écrite | Faire écrire au dirigeant ses trois priorités à trois ans avant toute projection |
| Un plan d’action sans budget ni responsable nommé | Une ligne par action : responsable, délai, budget |
| Aucun lien avec les entretiens de parcours professionnel | Deux questions de projection ajoutées à chaque entretien |
Finir par des actions, pas par un rapport
Une cartographie des écarts n’a de valeur que si elle débouche sur des décisions datées : quels postes recruter, quels salariés former, quelles mobilités organiser, avec un calendrier et un budget. C’est pour cela qu’il est utile d’avoir sous le même toit le diagnostic, la formation et le recrutement. Chez Happy to meet you, cabinet de recrutement, organisme de formation et conseil RH, le diagnostic n’est jamais livré seul.
De la carte au plan
Vos écarts sont identifiés : qui va les combler ?
Nous recrutons les profils introuvables en interne et formons vos équipes sur les compétences à développer, dans un même plan d’action. Agences à Rennes et à Brest, intervention dans toute la France.
Dernier conseil avant le lexique : fixez dès aujourd’hui la date de votre première revue semestrielle. Une démarche sans échéance n’en est pas une.
À retenir
- Un plan d’action daté et budgété vaut mieux qu’un référentiel exhaustif.
- Pas de stratégie écrite, pas de projection : commencez par là.
- Reliez la démarche aux entretiens de parcours professionnel pour qu’elle vive toute l’année.
Glossaire des termes techniques
- Accord de méthode
- Accord collectif, dit aussi d’adaptation, qui fixe les thèmes, la périodicité, le calendrier et les lieux des négociations obligatoires, pour une durée de quatre ans au plus (article L2242-11 du Code du travail).
- Apec
- Association pour l’emploi des cadres : organisme paritaire qui accompagne les cadres et les entreprises, et publie chaque année des études de référence sur les pratiques de recrutement de cadres.
- BMO
- Besoins en main-d’œuvre : enquête annuelle de France Travail, menée en fin d’année auprès des employeurs, qui recense leurs projets de recrutement pour l’année suivante et la part qu’ils jugent difficile.
- CPF
- Compte personnel de formation : compte attaché à chaque actif, mobilisable pour financer des formations. Son abondement par l’employeur figure parmi les mesures d’accompagnement de la négociation GEPP.
- CSE
- Comité social et économique : instance représentative du personnel, consultée dès 50 salariés sur les orientations stratégiques et la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (article L2312-24 du Code du travail).
- Délit d’entrave à la négociation
- Infraction pénale de l’employeur qui se soustrait à l’obligation de convoquer les parties et de négocier périodiquement, punie d’un an d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende (article L2243-1 du Code du travail).
- Dimension communautaire
- Qualité d’une entreprise ou d’un groupe implanté dans plusieurs États de l’Union européenne au-delà de seuils légaux. La négociation GEPP s’y impose dès 150 salariés en France (article L2242-2).
- Dispositions supplétives
- Règles du Code du travail qui s’appliquent à défaut d’accord collectif ou s’il n’est pas respecté. Pour la GEPP, elles imposent une négociation tous les trois ans (articles L2242-13 et L2242-20).
- DREETS
- Directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités : services régionaux de l’État chargés notamment de l’emploi, de la formation professionnelle et de l’inspection du travail.
- DRH
- Direction des ressources humaines : service chargé de la gestion du personnel, du recrutement, de la formation et du dialogue social, qui pilote en général la démarche GEPP.
- Entretien de parcours professionnel
- Nouveau nom de l’entretien professionnel depuis la loi du 24 octobre 2025 : dans la première année, puis tous les quatre ans, avec un état des lieux tous les huit ans (article L6315-1 du Code du travail).
- GEPP
- Gestion des emplois et des parcours professionnels : démarche d’anticipation de l’évolution des métiers et des compétences, intégrant le parcours de chaque salarié, qui a succédé à la GPEC avec les ordonnances de 2017.
- GPEC
- Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences : ancienne appellation de la démarche d’anticipation des besoins en emplois et compétences, raisonnant en postes et en effectifs, remplacée par la GEPP.
- Matrice de polyvalence
- Tableau croisant les salariés d’une équipe et les compétences qu’ils détiennent, qui fait apparaître les compétences détenues par une seule personne.
- OPCO
- Opérateur de compétences : organisme agréé par l’État, organisé par branches professionnelles, qui finance des actions de formation et de développement des compétences selon ses propres critères de prise en charge.
- Ordre public
- Dispositions légales auxquelles aucun accord collectif ne peut déroger. Pour la GEPP, la négociation au moins une fois tous les quatre ans relève de l’ordre public (article L2242-2).
- Plan de développement des compétences
- Ensemble des actions de formation décidées par l’employeur pour ses salariés, qui formalise notamment son obligation d’adapter les salariés à leur poste de travail.
- PME
- Petite et moyenne entreprise : catégorie d’entreprises définie par des seuils d’effectif, de chiffre d’affaires et de total de bilan, située entre la microentreprise et l’entreprise de taille intermédiaire.
- Référentiel de compétences
- Liste structurée des compétences attendues par métier, avec des niveaux de maîtrise, qui sert de base au recrutement, aux entretiens et à la gestion des compétences.
- VAE
- Validation des acquis de l’expérience : dispositif qui permet d’obtenir tout ou partie d’une certification professionnelle sur la base de l’expérience acquise, sans suivre la formation correspondante.
FAQ : vos questions sur la GEPP
Que signifie GEPP ?
GEPP signifie gestion des emplois et des parcours professionnels. C’est l’intitulé retenu par les ordonnances du 22 septembre 2017 pour la démarche d’anticipation des métiers et des compétences, qui prend la suite de la GPEC. Elle vise à mesurer l’écart entre les compétences disponibles et celles dont l’entreprise aura besoin, puis à le combler par la formation, la mobilité et le recrutement.
Quelle est la différence entre GPEC et GEPP ?
La GPEC, gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, raisonnait en postes et en effectifs. La GEPP y ajoute le parcours de chaque salarié : mobilité interne, évolution de carrière, employabilité. Depuis la loi Climat et résilience du 22 août 2021, la négociation doit aussi répondre aux enjeux de la transition écologique. Les deux visent le même objectif d’anticipation.
La GEPP est-elle obligatoire dans une PME ?
La négociation GEPP n’est obligatoire qu’à partir de 300 salariés, ou 150 salariés en France pour une entreprise ou un groupe de dimension communautaire (article L2242-2 du Code du travail). Une PME reste soumise à l’entretien de parcours professionnel, à l’obligation d’adapter ses salariés à leur poste et, dès 50 salariés, à la consultation du CSE sur les orientations stratégiques.
Tous les combien faut-il négocier sur la GEPP ?
Au moins une fois tous les quatre ans, règle d’ordre public fixée par l’article L2242-2. Un accord de méthode peut fixer une périodicité plus courte, dans cette limite de quatre ans (article L2242-11). Sans accord, ou s’il n’est pas respecté, la négociation est triennale (articles L2242-13 et L2242-20), et un syndicat représentatif peut l’exiger au-delà de 36 mois.
Que risque une entreprise de 300 salariés qui ne négocie pas ?
Se soustraire à l’obligation périodique de négocier est puni d’un an d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende (articles L2243-1 et L2243-2 du Code du travail). En pratique, on parle de délit d’entrave à la négociation. L’échec de la négociation n’est pas sanctionné : établissez un procès-verbal de désaccord et gardez la trace de chaque convocation et de chaque réunion.
L’entretien professionnel a-t-il changé en 2025 ?
Oui. La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 l’a renommé entretien de parcours professionnel. Il a lieu au cours de la première année suivant l’embauche, puis tous les quatre ans, avec un état des lieux récapitulatif tous les huit ans (article L6315-1 du Code du travail). Un accord d’entreprise ou de branche peut prévoir un autre rythme, sans dépasser quatre ans.
Combien de temps prend une démarche GEPP ?
Il n’existe pas de durée légale. Pour un premier cycle dans une PME de 100 à 300 salariés, centré sur trois métiers critiques, comptez environ trois mois (estimation Happy to meet you, à confirmer selon votre besoin). Le délai dépend surtout de la disponibilité des managers et de l’existence d’une stratégie écrite à trois ans.
Faut-il un logiciel pour gérer les compétences ?
Pas forcément. Dans une PME, un tableur partagé contenant un référentiel de compétences, une matrice de polyvalence et quatre indicateurs suffit, à condition qu’un responsable soit désigné pour le tenir à jour. Un logiciel dédié devient utile quand le nombre de métiers, de sites et de salariés rend le tableur difficile à maintenir.
La GEPP n’est ni un acronyme de plus ni un accord à ranger dans un classeur. C’est une question posée à trois ans, de quelles compétences aurez-vous besoin, et un plan d’action daté pour y répondre par la formation, la mobilité et le recrutement. La règle d’or : trois métiers critiques, un plan daté et budgété, revu chaque semestre. Alors, par quels trois métiers commenceriez-vous ?
Sources
- Code du travail numérique (ministère du Travail), Code du travail, article L2242-20, version issue de la loi du 22 août 2021, page mise à jour le 25 août 2021 (consulté en octobre 2026).
- Code du travail numérique, article L2242-1 (mis à jour le 31 mars 2022) et article L2242-2 (mis à jour le 22 décembre 2017) (consultés en octobre 2026).
- Code du travail numérique, article L2242-11 et article L2242-13, versions issues de la loi n° 2025-989, mises à jour le 26 octobre 2025 (consultés en octobre 2026).
- Code du travail numérique, article L2243-1 et article L2243-2, mis à jour le 1er janvier 2016 (consultés en octobre 2026).
- Code du travail numérique, article L2312-24, mis à jour le 1er janvier 2019 (consulté en octobre 2026).
- Code du travail numérique, article L6315-1, version issue de la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, page mise à jour le 31 décembre 2025 (consulté en octobre 2026).
- Centre Inffo, Chapitre 26 : Entretien de parcours professionnel, 2026 (consulté en octobre 2026).
- Centre Inffo, Dérèglement climatique et résilience : le Code du travail impacté, 25 août 2021 (consulté en octobre 2026).
- Centre Inffo, Ordonnances : les modifications relatives à la formation, 2 octobre 2017 (consulté en octobre 2026).
- DREETS Provence-Alpes-Côte d’Azur, Les études thématiques n° 11 : la GEPP dans les accords d’entreprise, décembre 2024 (consulté en octobre 2026).
- Banque des Territoires (Localtis), Les entreprises adaptent leurs recrutements de cadres à un marché moins tendu, 4 juin 2026, d’après l’Apec, Pratiques de recrutement de cadres 2026 (consulté en octobre 2026).
- La finance pour tous, Quels besoins en main-d’œuvre en France en 2026 ?, 24 avril 2026, d’après France Travail, enquête BMO 2026 (consulté en octobre 2026).
Article à jour en octobre 2026. Les règles de négociation obligatoire et d’entretien de parcours professionnel évoluent, et votre accord d’entreprise ou de branche peut les adapter : vérifiez toujours le texte en vigueur.
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