Marché de l’emploi en 2026 : ce que l’actualité change pour vos recrutements

31/10/2026 |

En 2026, le marché de l’emploi ralentit : le chômage remonte à 8,3 % au deuxième trimestre (Insee), les projets de recrutement reculent de 6,5 % (France Travail) et les entreprises hésitent à embaucher des cadres (Apec). Pourtant, 44 % des employeurs anticipent encore des difficultés à recruter, faute de profils adaptés.

Voici ce que disent les chiffres, et comment adapter vos recrutements à ce contexte incertain.

L’essentiel en 30 secondes

  1. Le chômage remonte à 8,3 % au deuxième trimestre 2026, son plus haut niveau depuis 2020 (Insee).
  2. Les projets de recrutement reculent : 2,3 millions en 2026, soit -6,5 % (France Travail, BMO).
  3. Recruter reste difficile pour 44 % des employeurs, faute de profils adaptés.
  4. Les cadres sont dans l’attentisme : 7 % des entreprises prévoient d’en embaucher au troisième trimestre (Apec).
  5. Les candidats en poste bougent moins : approche directe et offre rassurante font la différence.

Que dit l’actualité 2026 du marché de l’emploi ?

Qu’il ralentit, sans s’effondrer. Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage atteint 8,3 % de la population active, en hausse de 0,7 point sur un an, son plus haut niveau depuis 2020. Les jeunes sont les plus touchés : 21,6 % des 15-24 ans actifs sont au chômage, soit 2,5 points de plus qu’un an plus tôt.

8,3 %

taux de chômage en France au deuxième trimestre 2026, soit 2,7 millions de personnes et 261 000 de plus en un an. Source : Insee, Informations rapides, 7 août 2026

Ce ralentissement s’inscrit dans un contexte international et politique chargé. L’Apec cite elle-même trois risques pour l’emploi des cadres en 2026 : les effets économiques de la situation au Moyen-Orient, l’instabilité politique française et les décisions tarifaires américaines.

Définition

Taux de chômage au sens du BIT : part des actifs sans emploi, disponibles et en recherche active d’un emploi, mesurée chaque trimestre par l’Insee selon la définition du Bureau international du travail.

À retenir

  • Le chômage remonte : 8,3 % au deuxième trimestre 2026.
  • Les jeunes sont les premiers touchés.
  • L’incertitude géopolitique et politique pèse sur les embauches.

Quelles sont les grandes tendances du marché du travail en 2026 ?

Derrière les chiffres, six tendances dessinent le marché du travail de 2026. Prises ensemble, elles décrivent un marché moins tendu qu’en 2022 ou 2023, mais plus sélectif : les entreprises recrutent moins, plus prudemment, et sur des profils plus ciblés.

  1. Un chômage en hausse, porté en particulier par les jeunes : 21,6 % des actifs de 15 à 24 ans sont au chômage au deuxième trimestre 2026.
  2. Des projets de recrutement en recul, surtout dans le numérique (-25,2 %) et la construction (-16,2 %).
  3. Des secteurs qui résistent : la santé et l’action sociale restent stables, et l’industrie fait mieux que prévu chez les cadres.
  4. Un attentisme des entreprises, qui retardent les décisions d’embauche faute de visibilité.
  5. Des candidats en poste plus prudents, qui hésitent à quitter un emploi stable.
  6. Des augmentations plus individualisées, qui changent la façon de négocier son salaire.

Pour un employeur comme pour un candidat, la conséquence est la même : il faut être plus précis qu’avant. Précis dans le profil recherché, dans les arguments, dans le choix des canaux. Le marché récompense moins le volume et davantage la pertinence.

À retenir

  • Un marché moins tendu, mais plus sélectif.
  • Le numérique et la construction reculent, la santé et l’industrie résistent.
  • La précision compte plus que le volume, des deux côtés.

Les entreprises recrutent-elles moins en 2026 ?

Oui, mais elles recrutent toujours beaucoup. L’enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail recense 2,3 millions de projets de recrutement pour 2026, en baisse de 6,5 % sur un an. Deux tiers de ces projets viennent d’entreprises de moins de 50 salariés.

Des écarts forts selon les secteurs

  • Santé et action sociale : environ 320 000 projets, stables (+0,4 %).
  • Industrie : 211 000 projets (-2,4 %).
  • Commerce et distribution : 264 000 projets (-9,2 %).
  • Construction : 143 000 projets (-16,2 %).
  • Numérique et télécoms : 84 000 projets (-25,2 %).

2,3 millions

de projets de recrutement prévus par les employeurs en 2026, en baisse de 6,5 % sur un an. Source : France Travail, enquête BMO 2026, via Localtis, avril 2026

À retenir

  • 2,3 millions de projets de recrutement en 2026.
  • Le numérique et la construction reculent le plus.
  • Les PME portent l’essentiel des embauches.

Recrute-t-on plus facilement qu’avant ?

Un peu, mais pas sur tous les postes. La part d’employeurs qui anticipent des difficultés recule à 44 %, en baisse de 6,3 points. Elle reste de 54 % dans la santé, l’action sociale et les services à la personne, et de 65 % dans la construction.

Le paradoxe de 2026 tient en une phrase : plus de demandeurs d’emploi ne signifie pas plus de candidats adaptés. Parmi les employeurs qui anticipent des difficultés, 84 % citent des profils inadaptés, 82 % un nombre insuffisant de candidats et 39 % les conditions de travail.

Conseil d’expert

Avant d’ouvrir un poste, distinguez les compétences indispensables de celles qui peuvent s’acquérir en quelques mois. Un profil à 80 % du besoin, bien intégré et formé, vaut souvent mieux qu’un poste vacant pendant six mois.

À retenir

  • 44 % des employeurs anticipent encore des difficultés.
  • Le problème principal est l’adéquation des profils.
  • Les conditions de travail restent un frein pour 39 % d’entre eux.

Qu’en est-il du recrutement des cadres ?

Il hésite. En début d’année, l’Apec prévoyait un peu plus de 300 000 recrutements de cadres en 2026, en hausse de 4 % après deux années de recul, portés par l’informatique, la R&D et l’ingénierie, le conseil et l’industrie. Au troisième trimestre, le ton a changé : l’Apec parle d’attentisme.

7 %

des entreprises envisagent d’embaucher au moins un cadre au troisième trimestre 2026, un plancher inédit depuis plusieurs années. Source : Apec, baromètre du 3e trimestre 2026

Les débutants sont les plus exposés : l’Apec anticipe 42 800 recrutements de cadres de moins d’un an d’expérience en 2026, en baisse de 12 % sur un an.

À retenir

  • Prévision Apec 2026 : un peu plus de 300 000 recrutements de cadres.
  • Au troisième trimestre, les intentions d’embauche sont au plus bas.
  • Les jeunes cadres sont les plus pénalisés.

Comment les candidats vivent-ils cette période ?

Avec prudence. Selon le baromètre Apec du troisième trimestre 2026, 75 % des cadres se disent inquiets de la conjoncture et 28 % se sentent menacés par un licenciement, 38 % chez les moins de 35 ans. Seuls 13 % envisagent de changer d’entreprise dans les trois mois, contre 15 % un an plus tôt.

Pour un employeur, la conséquence est directe : le candidat en poste que vous visez hésite davantage à partir. Il compare votre offre à la sécurité de son emploi actuel, pas seulement à son salaire. Et 58 % des cadres estiment qu’il serait difficile de retrouver un poste équivalent.

À retenir

  • Trois cadres sur quatre sont inquiets de la conjoncture.
  • Les candidats en poste bougent moins.
  • Votre offre doit rassurer autant qu’attirer.

Pourquoi des postes restent vacants malgré la hausse du chômage ?

Parce que le chômage et les difficultés de recrutement ne concernent pas les mêmes personnes, ni les mêmes endroits, ni les mêmes métiers. Un demandeur d’emploi dans le commerce, en recul, ne devient pas du jour au lendemain un candidat pour la construction ou le soin, où les tensions restent fortes. C’est ce qu’on appelle un problème d’appariement : l’offre et la demande existent, mais elles ne se rencontrent pas.

Les employeurs le disent eux-mêmes dans l’enquête BMO 2026 : 84 % de ceux qui anticipent des difficultés citent des profils inadaptés. Mais 39 % citent aussi les conditions de travail, un facteur qui dépend directement de l’entreprise. Autrement dit, une partie des difficultés se règle de l’intérieur, sans attendre que le marché change.

Définition

Appariement : rencontre entre une offre d’emploi et un candidat qui lui correspond en compétences, en localisation et en conditions. Un mauvais appariement explique que chômage et pénurie de candidats coexistent.

Les leviers qui dépendent de vous

  • Les compétences : recruter sur le potentiel et former, plutôt qu’attendre le profil parfait.
  • La géographie : télétravail partiel, aide à la mobilité, horaires adaptés.
  • Les conditions de travail : plannings, pénibilité, management, perspectives.
  • La mobilité interne : un salarié formé vers le poste en tension libère un poste plus facile à pourvoir.

À retenir

  • Chômage et pénurie de candidats coexistent.
  • 39 % des employeurs en difficulté citent les conditions de travail.
  • Une partie des solutions est interne à l’entreprise.

Quels métiers recrutent encore en 2026 ?

Même dans un marché attentiste, certaines fonctions restent très demandées. Côté cadres, l’Apec prévoyait 305 800 recrutements en 2026, dont plus de la moitié concentrés sur trois fonctions. Au troisième trimestre, l’industrie fait même mieux qu’un an plus tôt, portée par l’aéronautique et la construction navale.

61 160

recrutements de cadres informaticiens prévus en 2026 dans le privé, en hausse de 4 %, portés par la transformation numérique, la cybersécurité et l’intelligence artificielle. Source : Apec, prévisions 2026

  • Informatique : environ 61 000 recrutements de cadres prévus.
  • Études et R&D : environ 52 000, surtout dans l’ingénierie.
  • Commercial : environ 52 000, soit 17 % des recrutements de cadres.
  • Santé et action sociale : environ 320 000 projets tous niveaux confondus, le seul grand secteur stable dans l’enquête BMO.

Attention toutefois : ces prévisions datent du printemps. Le baromètre du troisième trimestre montre un recul des intentions dans les services à forte valeur ajoutée, dont l’informatique, à 10 % d’entreprises prêtes à recruter un cadre, en baisse de 4 points sur un an.

À retenir

  • Informatique, R&D et commercial concentrent plus de la moitié des recrutements de cadres.
  • L’industrie résiste mieux que prévu au troisième trimestre.
  • Les prévisions de printemps sont à nuancer avec les baromètres récents.

Comment adapter vos recrutements en 2026 ?

En profitant du calme relatif du marché, tout en sécurisant davantage chaque candidat. Voici cinq leviers concrets.

  1. Recrutez les postes clés maintenant : quand la concurrence entre employeurs se calme, les meilleurs profils sont moins sollicités.
  2. Allez chercher les candidats en poste par l’approche directe : ils ne répondent plus aux annonces.
  3. Rassurez sur la solidité de l’entreprise : projets, carnet de commandes, perspectives, sans promesses invérifiables.
  4. Ouvrez vos critères : un jeune diplômé ou un profil en reconversion peut être formé rapidement.
  5. Soignez l’expérience candidat : réponse rapide, étapes claires, intégration préparée.

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À retenir

  • Une période calme est une opportunité pour les postes clés.
  • L’approche directe devient indispensable.
  • Rassurer le candidat fait partie du recrutement.

Candidats : comment tirer parti d’un marché attentiste ?

En comprenant qu’un marché prudent n’est pas un marché fermé. Les cadres en poste bougent moins : 13 % envisagent de changer d’entreprise dans les trois mois, contre 15 % un an plus tôt. Pour un candidat qui cherche activement, cela signifie aussi moins de concurrence sur les postes ouverts, à condition de viser juste.

La prudence des entreprises change aussi ce qu’elles attendent. Quand chaque recrutement est arbitré, le candidat qui rassure l’emporte : celui qui montre un impact rapide, une compréhension du contexte de l’entreprise et une motivation pour ce poste précis, pas pour n’importe quel poste.

  • Ciblez les fonctions et secteurs qui recrutent encore.
  • Montrez ce que vous apporterez dans les six premiers mois.
  • Activez votre réseau : en période prudente, les entreprises privilégient les recommandations.
  • Ne démissionnez pas sans promesse d’embauche écrite.

Pour choisir où chercher, consultez notre sélection des 10 meilleurs jobboards en 2026, et pour préparer la discussion salariale, notre guide pour négocier son salaire en 2026.

À retenir

  • Moins de candidats en poste bougent : la concurrence baisse.
  • Le candidat qui rassure l’emporte.
  • Le réseau pèse davantage en période prudente.

Quels signaux surveiller d’ici fin 2026 ?

Trois publications permettront de savoir si le ralentissement se confirme ou s’inverse. Les suivre vous évite de piloter vos recrutements, ou votre recherche d’emploi, sur des chiffres déjà dépassés.

  • 10 novembre 2026 : chiffres du chômage du troisième trimestre, publiés par l’Insee.
  • Baromètre Apec du quatrième trimestre : intentions de recrutement des cadres en fin d’année.
  • Printemps 2027 : nouvelle enquête BMO de France Travail sur les projets de recrutement de l’année.

Conseil d’expert

Regardez les chiffres de votre secteur et de votre région plutôt que la moyenne nationale : France Travail publie l’enquête BMO par bassin d’emploi et par métier, et les écarts avec la moyenne sont souvent importants.

À retenir

  • Le 10 novembre, l’Insee publie le chômage du troisième trimestre.
  • Pilotez avec les chiffres de votre secteur et de votre bassin.

FAQ : le marché de l’emploi en 2026

Le marché de l’emploi est-il plus favorable aux employeurs en 2026 ?

En partie seulement. Le chômage a augmenté (8,3 % au deuxième trimestre 2026 selon l’Insee) et les tensions de recrutement ont reculé, mais 44 % des employeurs anticipent encore des difficultés (France Travail, BMO 2026). Sur les profils qualifiés, les candidats restent rares.

Pourquoi est-il encore difficile de recruter alors que le chômage augmente ?

Parce que les demandeurs d’emploi ne correspondent pas toujours aux postes ouverts. Dans l’enquête BMO 2026, 84 % des employeurs qui anticipent des difficultés citent des profils inadaptés et 82 % un manque de candidats.

Les cadres changent-ils encore d’entreprise ?

Moins qu’avant. Au troisième trimestre 2026, 13 % des cadres envisagent de changer d’entreprise dans les trois mois, contre 15 % un an plus tôt, et 58 % estiment qu’il serait difficile de retrouver un poste équivalent (Apec).

Faut-il geler ses recrutements en période d’incertitude ?

Pas forcément. Une période où la concurrence entre employeurs se calme peut être le bon moment pour recruter un profil clé, à condition de sécuriser le candidat, qui hésite davantage à quitter son poste.

Comment Happy To Meet You peut-il nous aider en 2026 ?

Happy To Meet You accompagne les entreprises en recrutement, en marque employeur et en conseil RH : définition du besoin, approche directe des candidats en poste, sécurisation de l’offre et de l’intégration. Le premier échange permet de cadrer votre projet.

Quelles sont les tendances du marché du travail en 2026 ?

Un chômage en hausse, en particulier chez les jeunes, des projets de recrutement en recul dans le numérique et la construction, des secteurs qui résistent comme la santé et l’industrie, un attentisme des entreprises et des candidats en poste plus prudents. Le marché est moins tendu, mais plus sélectif.

Le chômage va-t-il continuer d’augmenter fin 2026 ?

Personne ne peut l’affirmer avec certitude. Les prochains repères sont la publication de l’Insee du 10 novembre 2026 sur le troisième trimestre, puis le baromètre Apec du quatrième trimestre. Mieux vaut suivre ces chiffres que les prévisions générales.

L’actualité 2026 dessine un marché de l’emploi plus calme, mais pas plus simple : moins de projets, plus de demandeurs d’emploi, et toujours des postes difficiles à pourvoir. Retenez la règle d’or : en période d’incertitude, le candidat achète d’abord de la confiance. Et votre prochaine offre, rassure-t-elle autant qu’elle attire ?

Norjahann Bessaoud, Directrice Recrutement et Conseil RH chez Happy To Meet You

Article rédigé par

Norjahann Bessaoud

Directrice Recrutement et Conseil RH, Happy To Meet You

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Glossaire des termes techniques

Apec
Association pour l’emploi des cadres : organisme paritaire qui publie des prévisions et des baromètres sur le recrutement des cadres.
Approche directe
Sollicitation de candidats en poste qui n’ont pas répondu à une annonce.
BIT
Bureau international du travail : sa définition du chômage sert de référence à l’Insee.
BMO
Besoins en main-d’œuvre : enquête annuelle de France Travail sur les projets de recrutement des employeurs.
Halo autour du chômage
Personnes sans emploi qui souhaitent travailler mais ne sont pas comptées comme chômeurs, par exemple parce qu’elles ne sont pas immédiatement disponibles.

Sources

  1. Insee, Informations rapides n° 192, chômage au deuxième trimestre 2026, 7 août 2026 (consulté en octobre 2026).
  2. France Travail, enquête Besoins en main-d’œuvre 2026, présentée par Localtis, En 2026, des projets de recrutement en baisse, 22 avril 2026 (consulté en octobre 2026).
  3. Apec, Plus de 300 000 recrutements de cadres en 2026, sauf si…, 2026 (consulté en octobre 2026).
  4. Apec, Recrutement de cadres au 3e trimestre 2026 : l’attentisme s’installe, 22 septembre 2026 (consulté en octobre 2026).
  5. Apec, Quels sont les cadres qui seront les plus recrutés en 2026 ?, juillet 2026 (consulté en octobre 2026).

Article à jour en octobre 2026. Les chiffres du chômage du troisième trimestre 2026 seront publiés par l’Insee le 10 novembre 2026.

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