Recruter un « job hopper » : bonne idée ou balle dans le pied ?

22/04/2020 | Recrutement

S’il était autrefois commun de garder son travail le plus longtemps possible dans la même entreprise, une nouvelle tendance vient aujourd’hui bousculer les choses : le job hopping. Cette pratique désigne le changement d’emploi fréquent et touche surtout les plus jeunes salariés (15-34 ans). On qualifie par ailleurs celui qui vole d’un travail à un autre de job hopper.

Devant ce phénomène, les recruteurs ne savent pas toujours s’y prendre. Quand certains y voient une réelle opportunité, d’autres considèrent qu’il s’agit d’un manque total de loyauté. On pourrait, à juste titre, penser que le job hopping est anodin, qu’il ne doit pas constituer une inquiétude ou une remise en question de son fonctionnement, mais c’est tout le contraire : les milléniaux changeraient en moyenne 3 fois d’emploi en 5 ans et 22% des jeunes désireraient changer régulièrement d’entreprise (d’après une étude de Vlerick Business School). Pourquoi existe-t-il autant de job hoppers et pourquoi cette tendance risque de devenir encore plus importante ? Quelles sont les raisons qui poussent les enfants des Baby-boomers à multiplier les expériences professionnelles ? Comment réagir au job hopping, quels sont ses avantages et ses inconvénients ? Réponses dans ce nouvel article !

 

5 avantages du job hopping pour le salarié

Vous vous demandez peut-être pourquoi un salarié viendrait à lâcher son emploi stable pour arpenter à nouveau la jungle de la recherche de l’emploi. Vous allez voir que les avantages de cette pratique sont nombreux et qu’ils justifient, à eux-seuls, l’augmentation du phénomène prévue dans les prochaines années (étude LinkedIn). On se doit de vous le dire : la liste qui suit n’est même pas exhaustive.

 

Un revenu nettement plus intéressant

C’est sans doute le point qui motive les plus le job hopper à continuer dans cette direction. Le fait de changer régulièrement d’emploi entraîne des hausses de salaires beaucoup plus rapides et plus avantageuses que celles auxquelles un salarié pourrait prétendre en restant dans la même entreprise. On estime qu’un changement de travail se traduit facilement par une hausse de 25% sur la fiche de paie. Nul doute que cet argument pèse lourd dans la balance des pour et des contre.

 

Un développement de ses compétences plus important et une plus grande expérience

Changer régulièrement de job, c’est l’occasion d’apprendre de nouvelles compétences et de faire grandir son expérience. Après deux années entières passées dans la même entreprise, l’apprentissage devient nettement moins important et on commence malheureusement à stagner dans certains cas.

 

 

Un C.V. impressionnant

Nous enfonçons inévitablement une porte ouverte avec ce point, mais le job hopper qui a multiplié les expériences dans diverses sociétés dispose immanquablement d’un bagage professionnel plus étendu. Ce parcours lui permet de présenter un C.V. a priori attractif et plus concurrentiel. Il faut tout de même nuancer ce propos. Car s’il s’avère que la multiplication des expériences et des compétences peuvent taper dans l’œil d’un recruteur, force est de constater que cette apparente richesse peut avoir l’effet inverse. Certains pourraient y percevoir un manque de stabilité ou de loyauté.

 

Un réseau de contacts plus riche

En multipliant ses expériences professionnelles et les lieux dans lesquels il a travaillé, le job hopper a rencontré davantage de personnes et s’est constitué un carnet de contacts plus solide que celui de l’employé qui est toujours resté dans la même entreprise. Cela peut être bénéfique pour le développement de sa carrière personnelle, mais également pour son employeur qui pourrait éventuellement profiter de ce réseau.

 

Un plus grande tolérance du risque

Ayant régulièrement changé d’employeur, le job hopper sait ce que le mot risque veut dire, mais ses multiples expériences lui ont permis de développer une confiance en lui suffisante pour y faire face avec plus de sérénité. Le parallèle de cette confiance, c’est une faculté d’adaptation qui ne manque pas d’intérêt pour l’employeur.

 

Les avantages du job hopping pour l’entreprise

Si le job hopping peut agacer certains recruteurs, il peut pourtant être une formidable source d’opportunités. Premièrement, le job hopper peut apporter un panel de compétences important. Grâce à son parcours, il détient des clés diverses qui sont susceptibles d’aider son nouvel employeur à améliorer son développement. Fort de sa capacité d’adaptation, le job hopper peut apporter un nouveau regard sur la résolution de certains problèmes, ce qui est un atout de taille. Par ailleurs, point essentiel, il est plutôt autonome, puisqu’il a décidé de mener sa carrière d’une façon qui évoque le tempérament d’un entrepreneur. Ce n’est pas tout : le fait d’avoir roulé sa bosse dans un large éventail de sociétés a augmenté sa capacité d’intégration au sein d’une équipe, et raccourci d’autant ses délais de prise en main d’un nouveau poste. En bref, le job hopper peut constituer une formidable opportunité pour les entreprises. Cependant, son caractère vagabond peut décontenancer et il est naturel de vouloir lutter contre ce phénomène. La question qui se pose est donc la suivante : comment ménager la chèvre et le chou, comment obtenir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière ? Réponse dans le paragraphe qui suit.

 

Comment limiter le job hopping ?

Nous l’avons vu, le job hopper peut être un candidat intéressant, voire même un candidat en or dans certains cas. Le seul problème de ce profil, c’est son envie de vouloir partir vers de nouvelles aventures régulièrement. Alors, comment concilier l’inconciliable ? En d’autres termes : comment éviter de voir le salarié parfait s’envoler vers de nouveaux horizons ? Et comment faire en sorte que vos salariés actuels et pourtant fidèles ne se transforment à leur tour en job hoppers ?

 

Il nous semble que plusieurs solutions existent pour répondre à ces questions. Et la première qui nous vient à l’esprit est la suivante : chouchouter vos salariés. Une entreprise n’est souvent pas grand-chose sans ses employés et, si beaucoup clament haut et fort qu’elles placent l’humain comme une priorité, dans les faits, ce n’est pas toujours le cas. On ne peut pas empêcher quelqu’un de vouloir voler de ses propres ailes et de faire grandir son expérience. À bien y regarder, c’est même une pratique que le bon sens devrait nous inciter à encourager. L’épanouissement professionnel est fondamental. Cependant, rien ne vous empêche de donner à vos employés l’envie de rester chez vous et de les fidéliser. Et pour ce faire, pourquoi ne pas mettre en place des avantages plus importants pour les employés qui restent ? La mise en place d’une salle de pause agréable, la possibilité de faire un peu de télétravail, le fait de pouvoir aménager davantage son emploi du temps, financer les formations de vos employés et bien d’autres bonus peuvent/doivent être envisagés pour fidéliser vos collaborateurs. Il est clair que cela représente un coût. Il ne faut pas se voiler la face sur ce point, mais cela améliorera considérablement votre marque employeur et limitera nettement le turnover dans votre entreprise. Si un job hopper arrive dans une société accueillante, bienveillante, souhaitant son épanouissement sur le long terme, son départ sera sans doute annulé ou du moins retardé considérablement.

 

Alors, si les problématiques de fidélisation de vos collaborateurs vous intéressent, discutons-en ensemble : nous serions ravis de pouvoir vous accompagner dans tous vos projets marque employeur.

 

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Rédigé par Florent Letourneur,

Co-fondateur de Happy to meet you

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