Lorsque je reçois des candidats en entretien et que je leur demande de s’asseoir, je sens parfois un moment d’hésitation où celui-ci se demande : « pour faire bonne impression, dois-je m’asseoir à gauche, au milieu, à droite, en face, à côté, … ?! »

La question de tirer des conclusions des faits et gestes de votre interlocuteur renvoie à de nombreuses croyances, et il faut bien l’avouer au souvenir de séries policières à l’exactitude scientifique parfois approximative.


En entretient, des gestes qui peuvent être (mal) interprétés 

• Les leaders s’installent au centre lorsqu’ils ont le choix entre plusieurs chaises
• Etre affalé dans son siège = vous n’êtes pas engagé dans la discussion
• Etre assis en travers de son siège = vous cherchez à éviter toute confrontation
• Vous regardez à droite lorsque vous parlez = vous êtes en train de construire une image mentale, de vous projeter
• Vous regardez à gauche lorsque vous parlez = vous évoquez un fait un souvenir
• Vous ne regardez pas votre interlocuteur dans les yeux = vous mentez
• Vous vous touchez la bouche en parlant = vous êtes tiraillé par ce que vous dites. Cela ne signifie pas que vous mentez mais que vous n’êtes pas à l’aise avec vos propos.
• Vous vous touchez le nez = tel Pinocchio, vous mentez
• Vous mettez votre main devant la bouche en parlant = vous avez quelque chose à cacher
• Vous croisez les bras = vous êtes fermé à la discussion
• Vous vous touchez le lobe de l’oreille = vous réfléchissez à une riposte
• Vos pupilles sont dilatées = le sentiment que vous exprimez est sincère
• Cacher ses mains = ne pas s’impliquer dans l’échange


Peut-on vraiment se fier à des gestes parasites et supposé message?

Il serait donc facile de conclure à un mensonge si un candidat détaille une expérience en regardant constamment sur sa droite ? ou si le recruteur se gratte le nez ?

Comme l’a très bien expliqué Aldert Vrij, un seul de ces éléments ne saurait constituer à lui seul une preuve viable de mensonge.

Certaines croyances amènent également à conclure que l’évitement du regard est synonyme de mensonge. Si cela n’est pas entièrement faux, un menteur de talent est avant tout dans le contrôle et saura donc se maitriser.


Candidats et recruteurs : creusez les incohérences !

Je pourrais continuer encore des heures sur ces « gestes qui trahissent » mais vous aurez compris que si tout cela peut constituer des indices, en aucun cas ils ne sauraient des éléments tangibles permettant de tirer des conclusions.

Il est souvent plus simple de déceler des incohérences durant l’entretien et de les creuser. Cela vaut pour le candidat comme pour le recruteur bien entendu.

Pour cela, il suffit de poser des questions ouvertes sur les points qui nous surprennent, de recouper les informations un peu plus loin dans l’entretien, ou encore de prêcher le faux pour savoir le vrai.

Puis, et c’est le plus important selon moi, il faut ensuite comprendre le pourquoi de ces non-dits. En effet, un mensonge ou un non-dit n’est pas forcément négatif. On peut par exemple mentir pour protéger quelqu’un.

Lors d’un entretien d’embauche, l’erreur serait de vouloir à tout prix être parfait (que l’on soit entreprise ou candidat). Pourtant, c’est justement une démarche honnête qui permettra une rencontre sincère et assurera le succès de la collaboration.

Auteur : François Gougeon

Co-fondateur de Happy to meet you

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