Le FFBI, Florent François Blog Investigation, revient avec une enquête de Florent, cofondateur d’Happy to meet you. Après avoir infiltré l’univers des RH pendant 15 ans, il soutient aujourd’hui les jeunes dans la recherche de leur premier emploi. Voici quelques conseils pragmatiques qui permettront aux étudiants et aux diplômés de renforcer leurs chances d’être recrutés.
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Comment un étudiant ou un jeune diplômé peut-il se démarquer aujourd’hui en vue d’être recruté ?

« La première des choses à faire est de bien se préparer et d’anticiper. Si un étudiant ou un jeune diplômé souhaite être recruté à la rentrée de septembre prochain, il faut commencer dès aujourd’hui. Il peut, dès maintenant, travailler son projet professionnel et son ‘terrain de chasse’, c’est-à-dire la zone géographique dans laquelle il souhaite évoluer. Mon conseil : s’il peut le faire, l’étudiant ou le jeune diplômé a tout intérêt à jouer la carte de la mobilité nationale, et pas seulement locale. Par ailleurs, il faut vraiment être multicanal avec une présence en ligne digne de ce nom sur LinkedIn, et pourquoi pas sur Viadeo. Il est vivement conseillé d’avoir un profil complet, avec une photo et un résumé bien travaillé, le bassin de recherche, la date de disponibilité, son mail et son numéro de téléphone, en plus de quelques liens renvoyant, par exemple, sur un CV en ligne. Cette présence permettra de démontrer son professionnalisme. Il est également possible de se différencier sur Twitter, par l’intermédiaire notamment du collectif ‘i4emploi’, qui va relayer votre recherche. Des personnes ayant quelques années d’expériences sollicitent ce collectif, mais cela est assez rarement le cas des jeunes diplômés. Je conseille également de ne pas viser que les grands groupes, les PME présentant très fréquemment d’intéressantes opportunités, et de passer par le biais de jobdatings privés, qui constituent de belles occasions de rencontrer de visu des recruteurs. Enfin, il est indispensable d’affiner sa démarche réseau. Les étudiants et les jeunes diplômés disposent tous d’un réseau (famille, amis, professeurs…) et il faut oser rencontrer, aller à des événements… Les jeunes ont un complexe d’infériorité mais, en réalité, ils ont énormément de choses à valoriser ! »


Pour favoriser ses chances d’être recruté, comment développer et bonifier sa e-réputation ?

« Il est nécessaire d’être toujours en veille, en googlisant son nom fréquemment ou en passant, par exemple, via le site web ‘Nothing to hide’ (‘Rien à cacher’), qui permet de maîtriser et de contrôler sa e-réputation en 20 questions. Il ne faut pas hésiter à supprimer les commentaires ou les articles négatifs, et à être proactif. Il y a des réseaux sociaux, comme Twitter ou LinkedIn, qui sont très bien référencés sur internet, et le recruteur va regarder les trois-quatre premiers liens remontant. Sur Facebook, il est indispensable de régler correctement les paramètres de confidentialité, voire de faire le ménage au niveau de ses ‘amis’. Et, de manière générale, sur les réseaux sociaux, il faut réfléchir à son discours : est-ce que cette publication a du sens ? Est-ce qu’elle va me valoriser ou, au contraire, me pénaliser ? Il est également intéressant de créer et d’avoir un blog autour du secteur d’activité visé ou de publier des articles sur LinkedIn Pulse. »


LinkedIn peut-il remplacer le curriculum vitae ?

« Pour ma part, je considère que le CV et LinkedIn sont complémentaires ! Un curriculum vitae doit être adapté et faire une page recto au maximum, tandis qu’il est possible sur LinkedIn d’indiquer un résumé – chose souvent oubliée – abordant son expérience, son avenir, ses projets, sa mobilité ou encore indiquer ses coordonnés. Sur le réseau social professionnel, on peut avoir des expériences professionnelles plus détaillées, mettre des liens vers des blogs, des vidéos, des réalisations, des powerpoint, un book… Tout cela permet de prouver davantage ses compétences et d’obtenir plus de poids pour décrocher un entretien de recrutement, ce qui est l’objectif du jeune diplômé. »


Après s’être fait repérer, quel comportement adopter en amont puis durant un entretien de recrutement ?

« Il y a un certain nombre d’étapes qui peuvent paraître basiques, comme le choix d’un dress code adapté au secteur d’activité, le fait de se renseigner avant le jour-J, la préparation de l’entretien en amont… Surtout, les jeunes diplômés, après avoir trouvé une annonce intéressante sur le web, oublient bien souvent de l’imprimer, alors que l’entretien peut parfois se dérouler plus d’un mois après. Il faut aussi apprendre à résumer son parcours, non seulement de manière détaillée, mais également de façon synthétisée. Il est nécessaire de préparer les deux hypothèses, et cela va énormément se ressentir pendant l’entretien. Durant celui-ci, ce qui paie aussi, c’est de jouer d’égal à égal, d’être soi-même afin de faire ressortir sa vraie personnalité, sans interpréter un rôle. Enfin, à la fin de l’entretien, pourquoi ne pas transmettre quelques références : cela est une preuve de transparence et de professionnalisme ! »


Comment les étudiants et les jeunes diplômés peuvent valoriser au mieux leurs talents et leurs compétences ?

« Quand on est étudiant ou jeune diplômé, des talents et des compétences, on en a ! Un trésorier de BDE peut parler budget ou comptabilité, tandis qu’un président d’association peut aborder la question du management, par exemple. Si on arrive à lister ce qu’on aime faire et ce qu’on a fait, on va se rendre compte qu’on dispose de beaucoup de compétences et de talents, qu’il est bien entendu possible de valoriser. Le fait de parler avec un storytelling, par exemple, ou un art du récit différent va montrer qu’on a su tirer des éléments positifs de ces expériences. Une question revenant fréquemment concerne ses jobs étudiants, dont il faut aussi parler sans aucune hésitation. Beaucoup de jobs sont très importants, méritent d’être mentionnés et peuvent être transposés dans un autre domaine. Il n’y a pas de mauvaise expérience en soi ! »


Quels conseils et astuces donneriez-vous à un étudiant ou un jeune diplômé pour encore renforcer ses chances d’être embauché ?

« La clé aujourd’hui est de sortir dans les réseaux physiques, de rencontrer et d’aller dans des événements organisés par la FrenchTech, les CCI, les universités ou autres, afin d’élargir son réseau. Lorsque l’on rencontre un professionnel, il faut demander une mise en connexion sur les réseaux, en vue d’avoir des contacts qualifiés. Il ne faut pas négliger aussi les associations professionnelles, d’anciens ou d’aide à l’emploi, qui constituent une bonne manière de rencontrer des professionnels dans son milieu. Enfin, si le premier contrat ne vient pas tout de suite, il est nécessaire de se former, de montrer qu’on est toujours actif, curieux, professionnel, en suivant par exemple des MOOC ! »

Un article à retrouver sur le #Sorbonnaute

Auteur : Florent Letourneur

Co-fondateur de Happy to meet you

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